Carnet de route

Le 02/12/2006, Vang Vieng (Laos), Vientiane (Laos)

Après les villages du Nord, je redescends en direction de Vientiane, la capitale du Laos. Je m’arrête à Vang Vieng, village aux deux visages. Une partie “américanisée” avec des télés qui diffusent les épisodes de “Friends” à longueur de journée, et où de jeunes branchés s’affalent sur des coussins en sirotant la Beer Lao. Une autre partie avec des petits bungalows en bambous au bord de la rivière, où vivent des gens simples et chaleureux. Cette partie la s’impose naturellement à moi, et je peux ainsi continuer à apprécier les charmes de ce pays.

Je loue une moto avec Nina, puis nous partons dans les petits villages reculés où apparemment les gens n’ont pas vu souvent de “blancs”. L’accueil est extraordinaire. Les gens nous saluent, nous sourient, nous font signe, les enfants courent après la moto. Nous nous arrêtons au bord d’un ruisseau où des femmes et des enfants font leur toilette dans la joie, en toute simplicité.
Après 3 jours passés ici, je file pour la capitale où des contacts m’attendent afin d’intervenir auprès d’enfants.

Ne vous étonnez pas si je ne cite aucun nom, mais c’est volontaire et surtout nécessaire, afin de protéger les personnes qui ont eu l’amabilité de m’ouvrir leurs portes. Le régime communiste du Laos n’est pas très coopérant vis à vis des actions solidaires et culturelles venues de l’extérieur.

Après diverses rencontres et discussions, j’interviens dans un foyer de jeunes filles, issues de minorités ethniques du pays (on en compte environ 70 au LAOS, avec différents dialectes). Je me rends également dans une école maternelle les matins.

Le gouvernement du Laos, comme de nombreux gouvernements à la tête de pays pauvres, n’aspire pas à développer trop rapidement le système éducatif. Ils craignent que par le biais de la culture, de nombreux penseurs émergent et puissent nuire aux actions plus ou moins correctes de ces régimes stricts et corrompus.

C’est ainsi que je découvre des élèves studieux et intéressés, mais sans culture générale, sans notions du monde ou d’autres cultures. Il faut dire quand même, que le pays s’est récemment ouvert au monde extérieur, mais il est encore assez difficile de discuter en profondeur avec les laotiens. Ils ont constamment le sourire, sont très accueillants, mais restent très réservés et méfiants vis à vis du monde extérieur. Je dois d’ailleurs adapter mes interventions en fonction de cela, notamment au niveau de mes questions sur la culture. Par exemple, il me sera impossible de demander “Si tu étais président de ton pays, que ferais tu pour améliorer la situation de ton pays ?”.

Je discute beaucoup avec la responsable du foyer de jeunes filles, qui au passage est une femme formidable, et d’un courage hors du commun (âgée de 76 ans, elle oeuvre depuis plus de 40 ans, ici au Laos). Elle me confirme les difficultés que l’on peut rencontrer dans ce pays lorsqu’il s’agit d’oeuvrer dans le social. Elle apprécie d’ailleurs beaucoup les ateliers que j’effectue avec les enfants, ce qui me touche, aux vues de ce qu’elle a accompli en 40 ans. Elle me met en garde quant à mon passage en Birmanie. Il est dangereux d’essayer simplement de parler du monde extérieur au peuple Birman. De lourdes peines de prisons peuvent être prononcées pour les locaux, en cas de non respect de cette règle.
Je quitte le foyer ému par toutes ces discussions, et par l’accueil et le travail réalisé avec les jeunes filles. J’effectue une donation de 50 dollars et d’un peu de matériel scolaire pour le foyer.

Vientiane est une petite capitale. Je me rends d’ailleurs en vélo sur les différents lieux d’interventions. Nous visitons les différents temples de la ville. L’influence française est très marquée ici : nom des bâtiments officiels et des écoles en lao et en français, nom des rues, nombreux restaurants français, etc. Il y a même les Champs Elysées et l’Arc de Triomphe… version laotienne. Je profite de mon passage ici pour faire faire mon visa pour la Birmanie, désormais appelée Myanmar.

Le Laos restera un enchantement dans le cadre de mon périple autour du monde. J’y ai échangé tellement de sourires, de bonnes ondes, j’y ai vu tant de paysages restés intacts. J’y ai découvert aussi des conditions d’interventions plus tendues. J’espère profondément que ce pays restera aussi authentique encore des années.

Ce soir (02/12), je prends un bus de nuit pour rejoindre Bangkok, d’où je décolle mercredi pour…la Birmanie… un point d’orgue dans mon trajet autour du monde... une autre histoire…