Au cours de notre parcours à travers les cinq continents, nous nous efforçons de découvrir, de venir en aide et de promouvoir certaines O.N.G. oeuvrant pour l'enfance ...


Asie

   
Cambodge
 
 

Orphelinat Sre Ampil, Foyer des enfants de la Paix
Commune Chleu Teal, District Kien-Svay, Kandal Province

Je me suis rendu pendant un peu plus d’une semaine dans un orphelinat, à environ 40km de la capitale. Ici, c’est la campagne cambodgienne, les routes sont en terre. Tout au long, les petits commerçants s’enchaînent étalant leurs fruits, leurs animaux, leurs outils, leur atelier de réparations, etc…
Dans les années 1980, Son Soubert, un khmer qui a étudié les sciences politiques en France, décide de soutenir son père Son San dans ses actions d'aide aux réfugiés dans les camps à la frontière thaïlandaise. Il fait appel à ses anciens camarades de classe pour fonder l'association française « Agir pour le Cambodge » et crée au Cambodge la « Fondation Khmer pour la paix et le développement ».
De retour dans sa région natale après les atrocités commises par les khmers rouges, Son San, achète un terrain de 10 hectares à 40 km de Phnom Penh, et y accueille des familles qui se retrouvent sans terre. Très vite, Son San et son fils, tous deux membres du gouvernement, prennent connaissance par l'UNICEF des problèmes de nombreux enfants devenus orphelins suite au génocide. Ils décident la construction d'un orphelinat sur ce même terrain.
Aujourd'hui cet orphelinat prend en charge une centaine d'enfants de 7 à 20 ans dont 13 font déjà des études supérieures à Bangkok. Son Soubert, appelé ici « Son Excellence », travaille à la constitution cambodgienne, et consacre beaucoup de son temps libre aux enfants qui le considèrent comme un père protecteur.

Je me rends sur place en moto, avec Phalla, le coordinateur entre l’association « Agir pour le Cambodge » et l’orphelinat, qui est géré par la « Fondation Khmer pour la Justice, la Paix et le Développement ». Nous sommes au milieu de nulle part, la route qui mène à l’orphelinat est dans un piteux état.

Sur place, je rencontre le directeur, avec qui je peux échanger car il parle relativement bien le francais (les plus anciens comprennent assez bien le français et le parlent encore un peu du fait de l’ancienne colonisation francaise). Phalla me fait visiter l’ensemble du foyer.
Les 85 enfants, âgés de 8 à 20 ans, sont répartis en 4 maisons, selon leur age et leur sexe.
Le bâtiment central et principal est constitué par le bureau du directeur, 2 salles de classe, une petite bibliothèque, et à l’étage, une grande salle utilisée pour des cérémonies, jouer de la musique, ou encore pour la prière chaque soir.

Un terrain de basket et un terrain de football sont à disposition des enfants. Autour du foyer, d’immenses rizières sont le lieu de travail du personnel et des enfants. Outre le réfectoire et le garage à vélos, on trouve également une infirmerie qui sera ma chambre durant mon séjour ici. Deux planches en bois forment les lits, un petit lavabo pour faire sa toilette, quelques tables avec des chaises, une armoire avec des médicaments, des fenêtres à barreaux.

Une journée au foyer :

5h30 : La cloche retentit, tout le monde se lève

5h40 : L’ensemble des enfants se retrouvent sur le terrain de basket pour des exercices physiques

6h30 : Après la toilette et la levée du drapeau national, les enfants prennent leur petit déjeuner

6h45 : Une partie des élèves part à l’école, l’autre reste au foyer. En effet, les effectifs trop nombreux contraignent les établissements à effectuer deux sessions, une le matin et une l’après midi. Les enfants partent tous ensemble à l’école en vélo.
Ceux qui restent au foyer ont toujours une occupation. Il y a beaucoup de vie, c’est plaisant. Certains nettoient leurs habits dans des bacs, d’autres jouent de la flûte, d’autres travaillent dans les rizières, les filles aident aussi en cuisine, etc...
Je profite de ces temps plus ou moins libres pour réaliser mes ateliers avec eux. Je travaille avec 2 classes d’enfants de 7 à 11 ans

11h30 : La cloche retentit à nouveau, annonçant le déjeuner.

Entre midi et 14h : Les enfants qui sont allés à l’école le matin reviennent et donnent leur vélo à ceux qui partent pour les cours de l’après midi.
Durant cette tranche horaire, c’est le calme au foyer, il fait lourd et humide, tout le monde se repose.

14h : On s’active, on change d’occupation, certains partent dans les rizières, d’autres viennent me chercher pour jouer ou faire des activités diverses.

Vers 17h30 : Tout le monde est présent. Les petits plongent dans la mare boueuse au centre du foyer. Nous utilisons une petite planche en guise de plongeoir. Les filles se baignent toutes habillées. Les garçons se poussent, font des cabrioles. Le délire général arrive lorsque l’ensemble des enfants me saute dessus pour me jeter à l’eau aussi.

18h00 : On file se laver et on se rejoint tous pour chanter l’hymne sous le drapeau lors de sa descente.

18h15 : Tout le monde s’installe dans une sorte de grand grenier aménagé. Les enfants s’assoient en ligne, les mains jointes devant le visage. Au bout de la salle, une petite fille va allumer une bougie et de l’encens sur le mini présentoir représentant un temple et Buddha.
Au fond de la salle, chaque soir, les pieds repliés en arrière (ne jamais dresser des pieds en direction de Buddha) je ferme les yeux au son de la prière des enfants. Ce chant à l’unisson est une source de méditation, de calme, d’apaisement, de mysticisme. La prière est suivie d’une ou deux minutes de silence total.

18h30 : Le dîner est servi. Les repas sont constitués de riz, de légumes, parfois de viandes, et de fruits.

19h15 : La fatigue se faisant sentir, les plus petits regagnent leur dortoir pour s’y reposer, discuter, faire de petits jeux dans la pénombre. Certains se lavent dans l’obscurité à la pompe à eau. Les plus grands se rendent dans les deux salles de classe pour travailler leurs cours. Les plus doués dans une matière s’improvisent enseignants pour quelques minutes afin d’expliquer aux autres les problèmes les plus difficiles. Il y a une grande solidarité entre les élèves. Ils sont très complémentaires et travaillent dur.

20h45 : L’électricité est coupée (le foyer bénéficie d’électricité grâce aux panneaux solaires entre 18h et 20h45), les enfants retournent dans leurs petites maisonnettes. Dans l’obscurité, je les entends qui chantonnent, chuchotent. Les pompes à eau grincent encore quelques instants. Puis vers 22h, c’est le silence total. Seul le chant des insectes est audible et berce l’ensemble des 85 marmots.
Pendant la nuit, de la lumière provient de l’extérieur, tel un stromboscope... les orages arrivent... le ciel gronde, la pluie s’abat violemment sur Sre Ampil... On se glisse davantage dans son lit, on observe son copain couché à proximité de soi. Grâce à la lumière des éclairs, on voit qu’il a aussi les yeux grands ouverts. On se sourit puis on se rendort tranquillement jusqu’au prochain son de cloche qui annoncera une nouvelle journée au foyer...


Le projet l’Odyssée pour l’Enfance finance l’achat de 6 bicyclettes pour le foyer. Je les achète chez un petit commerçant local. Celles-ci permettront de combler le manque de moyens de locomotion pour se rendre à l’école. Je remets les bicyclettes en présence de son Excellence Son Soubert, co-créateur de l’orphelinat, et personnage connu et respecté de tout le pays.


Pour venir en aide aux enfants de l’orphelinat :

The Khmer Foundation for Justice, Peace and Development (KFJPD)
N.14, 50B-Lane 99-Lane 432- Monivong Boulevard
PO Box 2478, Phnom Penh, CAMBODIA
Tel/Fax: (855-23) 219425
Email: lakshmi@angkornet.com.kh


Découvrez la galerie de l'Orphelinat de Sre Ampil, Cambodge

 

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