Voici quelques rencontres que nous avons avons voulu vous faire partager au cours de notre parcours des cinq continents ...

 

 


Afrique

 
Burkina Faso
 


Abel Kotoua

(jeune homme avec la chemise bleue)

Le 20 mai 1992, à 01h00 du matin, à Pô, Province du Nahouri (sud du Burkina), naissait Abel Kotoua.
Abel a grandi depuis ; il a désormais 13 ans. Il habite actuellement à Pô, avec sa maman Brigitte, ses 3 frères (Albert, Ester et Adoua) et ses 2 sœurs (Emeline et Bertrand).

Le papa d’Abel est décédé alors qu’il avait 3 ans. La maman était alors enceinte d’Ester. Ils habitaient à l’époque, à Tiébélé, ville distante de 30 kilomètres de Pô.
Le papa était alors cultivateur, et la maman partait au champs chercher du bois.

Deux ans après le décès du papa, la famille décide de déménager à Pô, car à l’époque, il n’y a pas d’écoles à Tiébélé. Abel a alors 5 ans.

Depuis le décès du père, la maman élève seule ses 6 enfants. Dans cette situation, on pourrait imaginer que les enfants ne soient pas scolarisés. Au contraire, tous les enfants vont à l’école. C’est d’ailleurs pour cela que la famille a emménagé à Pô.

Justement, je me suis rendu sur leur lieu d’habitation. La visite fut très courte car la famille loge dans une pièce faite de terre, une pièce d’environ 12 m2. La maman dort sur une sorte de lit de camp, tandis que les 6 enfants se partagent une seule et unique natte.

Abel a construit avec ses frères, une petite case rien que pour lui ; elle est faite en terre, mais elle n’est pas encore finie ; il lui faut rajouter un toit en taule, mais faute d’argent, Abel devra attendre pour profiter de sa construction. Sur le mur de la case, on peut lire les inscriptions en peintures noires suivantes : « NA Bayiri », le nom de son père.

Avec si peux de moyens, on peut alors se demander comment la mère arrive t’elle à scolariser ses enfants ?
3 d’entres eux, dont Abel, sont parrainés par des familles françaises, et plus précisément de la région roannaise, dans le cadre de l’association de parrainage Mably-Pô.
Les autres enfants peuvent aller à l’école grâce à leur mère qui vend des mangues sur le bord de la route. Grâce à cela, elle peut recueillir jusqu’à 1500 Francs CFA par jour, soit un peu plus de 2€.
Cette modique somme étant investi principalement dans les frais de scolarité, on peut imaginer que la famille se prive de beaucoup de choses à coté.

En effet, Abel me raconte que parfois, il arrive à la famille de ne pas manger pendant 2 jours si la vente des mangues s’est avérée peu fructueuse.
Le midi, la famille ne prend que rarement un repas. Sinon, on se nourrit le soir exclusivement de Tô, le plat traditionnel africain, à base de farine et d’eau.

Abel se lève tous les matins à 06h00, et part pour l’école vers 06h50. Il marche environ 45 minutes pour rejoindre l’école évangélique dans laquelle il se trouve. Le midi, il fait le chemin inverse pour venir se reposer, mais rarement pour manger. L’école reprenant à 15h, Abel repars vers 14h00.
A 17h00, c’est la fin des cours, Abel rentre chez lui avec ses copains, toujours vêtus de son uniforme beige en mauvais état.
Il fera ses devoirs en rentrant, puis sa toilette derrière le muret conçue à cette effet, mangera le Tô avec sa famille et ira se coucher pour être en forme le lendemain matin.
Malgrès ces conditions de vie et d’éducation, Abel garde le sourire ; c’est un charmant jeune homme, sérieux, plein de bonne volonté, avec des rêves plein la tête. Il espère un jour visiter Ouaga, la capitale, tout comme la réserve de Nazinga. Il désirait aussi retourner à Tiébélé, voir la maison dans laquelle il vivait avec son papa et sa famille ; je l’ai emmené une journée la bas…autant vous dire qu’il était très heureux et ému.

L’année prochaine, Abel rentrera en 6ème où les frais de scolarité seront bien plus élevés. Sans le parrainage, Abel me confié qu’il serait obligé de quitter l’école et de travailler dans les champs, comme beaucoup de jeunes que j’ai pu croiser.
Aux champs, il y travaille tout de même, mais lors des vacances scolaires. Il cultive la terre (Le maïs et le mil rouge) avec ses frères, ses sœurs et sa maman. Pas de repos donc pour notre jeune garçon qui espère pouvoir un jour se payer un vélo pour aller à l’école (coût : environ 20.000 Frcs CFA).
J’ai passé pas mal de temps avec Abel, il m’offre un petit cadeau en guise d’au revoir, moi des beignets…il me manque déjà ce petit bonhomme…

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