Portrait
: Oumar Diallo
J’ai
rencontré Oumar à l’école de
Kalanso, où je réalise les ateliers. Il occupe
la fonction d’animateur socio-culturel. Il m’a
très gentiment invité dans sa famille, où
il possède une petite chambre au confort sommaire.
Sa maison se trouve dans un quartier populaire, en périphérie
de Bamako.
Oumar
a une femme et 2 enfants, mais contrairement à la
majorité des africains, Oumar ne souhaite pas avoir
plus de 2 ou 3 enfants, pour des raisons à la fois
financière, mais aussi dans le souci d’élever
au mieux ses enfants.
Oumar
a commencer des études de lettres qu’il n’a
pu terminer, pour des raisons financières aussi.
C’est d’ailleurs un grand regret pour lui.
Toutefois, il a réussi ; la fonction qu’il
occupe à l’école la plus réputée
du pays lui permet de s’épanouir. Les vacances
sont pour lui, source d’ennuis. Le contact avec les
enfants est très important ; c’est un homme
très appliqué et très cultivé.
Son plus grand rêve reste de visiter un jour Paris,
et notamment le musée du Louvre.
C’est
un passionné d’art et de culture ; il adore
la France et la Culture française ; il a d’ailleurs
son petit coté français qu’il affirme
volontiers. Le Mali et la France étant extrêmement
proche, ce n’est pas surprenant. Il faut en effet
savoir que les Maliens sont très au courant de l’actualité
française.
Oumar
s’est dit très inspiré par les textes
de Goldman, et je l’ai même surpris à
chantonner le tube de Laurent Voulzy « Rockollection
».
Nous échangeons beaucoup sur nos pays respectifs
; nous nous surprenons mutuellement, mais nous en concluons
toujours que nous avons deux cultures très différentes,
où il n’est pas toujours évident de
comprendre certaines choses, mais le respect reste fondamental.
Je pense être privilégié de pouvoir
vivre au cœur d’une famille malienne. J’observe,
je vis, je m’adapte… Une femme allaite son enfant,
une bonne lave du linge, les enfants jouent dans la cour,
l’oncle prépare le thé, un autre cousin
répare une moto…
Les
enfants d’Oumar me regardent avec stupéfaction
; on m’apprend en effet qu’il s’agit de
leur 1ère rencontre avec un « Blanc ».
Cela ne me surprend pas, car le quartier dans lequel habite
Oumar, il est extrêmement rare de croiser un toubab
comme on nous appelle ici. Il est vrai que l’endroit
n’est pas touristique, au contraire, on peut croiser
à quelques mètres une décharge ou des
enfants fouillent et ramassent des détritus qu’ils
revendent par la suite.
Au
milieu de tout cela, Oumar continu sa quête de la
découverte et de l’enrichissement culturel,
à travers livres et autres documentaires télé.
C’est d’ailleurs, son leitmotiv d’épanouissement
à coté de sa famille, de sa femme et ses deux
enfants.
Touché par le projet l’Odyssée pour
l’Enfance, Oumar m’a offert un poème
sur l’Odyssée, que vous pouvez lire ci-joint
:
«
Odyssée pour l’enfance »
est un charmant petit navire qui
D’ici pour l’ailleurs vogue
sans relâche. Embarquez donc, il
Y’a encore de la place pour chaque
enfant de la terre !
Soyons conscients enfants du monde et qu’on
Soit noir ou blanc, rouge ou jaune, nous
formons toujours les
Enfants du monde et nous clamons une heureuse
Enfance.
Pour vous mes enfants, nous irons
Où souffle le vent nous
Unir pour la même cause et nous
Retrouver sous le même ciel où
L’amour
sera roi et les
Enfants des petits princes.
Notre odyssée sera sans
Fin et rien que pour vous en
Afrique, Europe, Amérique, Océanie
et en Asie
Nous irons toujours plus loin pour la
Culture, pour l’amour pour la paix
et pour une bonne
Enfance.
Diallo
Oumar Alfarouk
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